Quand, de nos jours, on parle de population, le nom de Malthus surgit à l'esprit, car sa doctrine suscite encore bien des controverses. Cet économiste anglais devenu pasteur soutenait, à l'époque de la Révolution Française de 1789, que la hausse du niveau de vie, en entraînant un accroissement important de la population, était à l'origine d'une réduction des biens disponibles qui se traduisait par une diminution du niveau de vie.
Il suggérait alors de restreindre volontairement les naissances pour éviter une détérioration qui lui paraissait inévitable et sa théorie s'est répandue en Europe sous le nom de malthusianisme.
Mais cette conception, dans les pays occidentaux dont les ressources alimentaires sont suffisantes et qui ont atteint, avec le progrès technique, un degré élevé de développement, s'est révélée par la suite erronée et il est commun d'observer que la vie matérielle de chaque homme dans ces pays modernes est facilitée par la puissance économique de leur collectivité.
Dans une communauté déjà développée, le progrès, ou même seulement le maintien du style de vie, dépend de l'effort de chacun des citoyens qui la composent, et cet effort est placé sous la dépendance directe d'une élite.
Compte tenu de cette dernière remarque, on peut affirmer que la condition essentielle du développement technique est la volonté du travail efficace et le nombre, puisque c'est dans une communauté nombreuse qu'on aura aussi le plus de chances de dénombrer une plus grande quantité de ces intelligences supérieures.
Cette communauté a donc intérêt à favoriser à la fois l'accroissement du nombre de ses membres et leur instruction. Mais on peut alors remarquer que la diffusion des connaissances dans les pays évolués entraîne une certaine conception de l'autonomie de la personne, portée à la réduction volontaire de la natalité, en raison des restrictions qu'impose nécessairement à la liberté individuelle la présence au foyer de nombreux enfants.
C'est cette réduction volontaire qui, s'étant produite prématurément dans notre pays il y a plus de deux siècles, est à l'origine de sa faiblesse démographique actuelle vis-à-vis de ses voisins germaniques ou anglo-saxons (1) et qui est la cause véritable de l'effacement relatif de notre Etat depuis le XIXème siècle.
(1) La fécondité en France a baissé dès 1750, et à partir de 1870-1875 dans les autres pays.
Mais si les théories de Malthus ne conviennent pas complètement aux pays développés, et particulièrement au nôtre, en raison de son sous-peuplement actuel, elles sont en revanche d'application immédiate dans les pays pauvres, aux ressources limitées, depuis que les populations de ces régions ont bénéficié, à leur tour, des moyens créés par l'Occident pour réduire la mortalité.
En effet, l'accroissement sans frein de leur population constitue d'abord un obstacle presque insurmontable à l'amélioration de leur sort matériel et, surtout, un risque certain pour tous leurs voisins qu'ils soient proches ou éloignés, en raison de la facilité des communications, quand la faim et la misère accablent les populations de ces pays.
C'est l'expérience même des pays de l'Europe occidentale, bien placés dans le domaine des conflits, qui nous enseigne que, depuis plus de deux siècles, les guerres ont même lieu entre pays bien nourris parce que ceux-ci étaient soumis, dans le même temps, à l'influence des Volontés de Puissance et de Domination chères à tous les hommes.
On peut alors affirmer que dans l'état actuel de la pensée humaine, il y aurait sans aucun doute risque de conflit si la faim incitait des populations, devenues trop nombreuses sur un territoire qui, lui, restait ce qu'il était et était devenu ainsi trop étroit, à prendre autre part, par exemple chez des voisins mieux fournis, ce qui leur manque, puisque l'information actuelle permet à ces population de connaître, par exemple, à la fois le niveau de vie des pays développés et leurs richesses matérielles.
On peut être sûr que l'homme et les sociétés de l'Occident qui ont, par leur travail acharné pendant des siècles, tiré parti de ressources naturelles qui existaient, soit dans leurs domaines respectifs soit dans d'autres lieux, seraient amenés à partager les fruits du travail passé de leurs peuples.
Dans ces conditions, ces pays ne manqueraient pas, consciemment ou non, d'appliquer les vieilles théories de l'espace vital qui remontent aux premiers âges de l'humanité, et ensuite les théories collectivistes du partage égalitaire des richesses de notre globe, idées qui sont d'abord nées dans la Grèce antique, et qui ont été récemment remises à l'honneur par la pensée de l'homme occidental (1).
(1) Un esprit lucide et objectif est amené à observer les réactions présentes des pays pauvres vis-à-vis des pays riches, qu'il s'agisse des problèmes de l'énergie fondée sur le pétrole, des questions de matières premières dont les premiers sont de grands producteurs, ou même du partage du fond des mers. Les conférences internationales tenues sur ces sujets laissent apparaître des oppositions que l'on peut qualifier de racistes envers les pays modernes, alors que justement c'est la pensée occidentale qui a mené, presque seule et par idéalisme, la lutte contre le racisme. Il serait donc particulièrement navrant que le racisme antiblanc, qui est aussi répandu que les autres formes de racisme, soit la conséquence des efforts de l'Occident pour rendre meilleur le sort de tous les hommes, quelle que soit la couleur de leur peau.
On pourrait alors se demander à quoi serviraient les belles idées généreuses et humanistes de l'Occidental qui, du fait d'un partage des richesses entre tous les hommes, condamnerait les pays développés au rôle de mécène, avant de subir l'invasion et probablement l'esclavage devant le nombre, si les théories collectivistes du partage des richesses leur étaient imposées de force.
Il apparaît ainsi de la première nécessité d'éduquer toutes les populations du globe pour qu'elles rejettent des idées périmées, et qu'elles consentent d'abord à travailler avec ardeur et Efficacité pour accroître le volume des richesses distribuables.
Comme la technique aujourd'hui, dans tous les domaines, permet, à condition de s'appuyer sur le travail créateur et sur des ressources suffisantes en matières premières et en énergie, d'accroître le volume des richesses produites, il convient donc déjà de ne rien négliger pour améliorer d'une part les moyens de subsistance des hommes et d'autre part, limiter leur nombre, afin que la part de chacun reste suffisante.
De ces observations élémentaires il résulte qu'il faut d'abord essayer de concilier à la fois, le droit de procréation et celui de subsistance, car si Dieu a créé l'homme, il ne l'a pas fait pour qu'il tue son voisin, ce qui ne manquerait pas d'arriver si les moyens de subsistance étaient insuffisants.
En outre, dans les pays encore peu développés, l'accroissement inconsidéré des populations entraînera nécessairement des frais considérables occasionnés par les nouveaux habitants sans même parler des dépenses d'éducation et d'instruction, seul moyen connu pour combattre les effets du racisme, de l'ignorance, de la superstition ou de la paresse et faire comprendre aux élites de ces pays la nécessité de limiter les naissances dans ces contrées.
Mais il conviendra surtout, de ne pas limiter les efforts rentables des populations concernées pour échapper aux contraintes de la misère ou de la famine (2) par un travail sérieux et soutenu, afin d'aboutir progressivement à une société tolérante et équitable comme l'est celle de l'Occident.
(2) L'exemple du Japon est particulièrement convaincant dans ce domaine, et beaucoup d'Etats, même modernes et développés, pourraient s'y référer. C'est en effet seulement en 1868 que ce pays a rejeté son style de vie féodal pour se jeter à corps perdu dans la Société Industrielle de l'Occident. Il lui a fallu un siècle seulement pour devenir un pays moderne et développé et pour en remontrer aujourd'hui à ses modèles occidentaux.
Ce pays pourrait alors servir d'exemple à ceux qui ont besoin de se hisser au niveau du monde moderne comme les pays Arabes, et on pourra souhaiter que les élites de ces pays conseillent à leurs compatriotes d'appliquer également les méthodes utilisées, méthodes qui sont faites surtout de travail, de civisme et d'économie, au lieu d'appuyer leurs actions par exemple, sur un racisme antiblanc et anti-occidental virulent comme ils le font trop souvent et comme l'affaire du Golfe Persique a permis de le constater dans tous les pays d'Afrique du Nord de religion musulmane.
Il ne suffit pas aujourd'hui, comme le fait l'animal, de donner la vie, il faut encore l'assurer sur tous les plans, qu'ils soient matériel, intellectuel, éducatif, professionnel et moral, obligations qui relèvent seulement d'une Dignité qui inclut aussi le respect des autres.
Pour éviter les inconvénients qui vont résulter d'un accroissement inconsidéré des populations des pays pauvres, il faut donc déjà que les dirigeants de ces peuples rejettent les idées malsaines de la violence, du racisme antiblanc et de l'expansionnisme territorial qui risquent d'être consécutives à une augmentation inconsidérée des populations de ces pauvres pays.
Mais il faudra surtout que les responsables de ces Etats cessent de croire que l'importance d'un pays se mesure au nombre de ses habitants quand ils sont misérables et qu'il leur faut compter sur la charité internationale pour manger. Et l'on n'ose pas penser au fait que si certains de ces jeunes Etats parvenaient à disposer d'armes chimiques, ou pire encore d'armes biologiques, du fait de la rivalité désuète des pays modernes, on assisterait probablement aux prémices d'un carnage généralisé à l'ensemble de la Terre.
Les conséquences de cet accroissement démesuré de population, qui apparaissent seulement vingt ans après, confèrent à la natalité le rôle d'une véritable bombe à retardement.
Le seul moyen de préserver l'humanité de catastrophes par trop prévisibles est de faire comprendre à toutes les populations du globe que le progrès, sous toutes ses formes, ne doit être utilisé qu'au service de la paix, car la natalité se révèle comme une arme à deux tranchants : elle renforce un pays riche, mais appauvrit davantage un pays pauvre.
On est alors conduit à observer que, les Volontés de Puissance et de Domination étant encore les motifs essentiels de l'action de nombre de gouvernements, il est prudent en conséquence que les sociétés occidentales soient fortes, non pour dominer les voisins car le siècle en est passé, mais pour éviter de l'être, puisque l'indépendance de chaque peuple est, comme déjà dit, la condition d'origine de la Dignité humaine.
C'est l'expérience millénaire de toute l'humanité qui impose ces obligations et un accroissement suffisant des populations occidentales, puisqu'une société qui ne s'accroît plus se prépare, à terme, à passer sous la tutelle d'un plus fort ou d'un plus entreprenant. Il faut donc que nos sociétés de l'Occident continuent d'accroître leurs forces dans tous les domaines, tant que l'homme n'aura pas changé d'attitudes vis-à-vis de ses voisins, ce qui paraît encore malheureusement un vœu pieux.
Pour justifier ces raisonnements il suffit de se référer à l'histoire et à l'évolution de la population mondiale depuis les deux ou trois derniers siècles seulement, car le recul du temps est maintenant suffisant pour évaluer la situation d'avenir de notre globe.
Depuis un siècle environ, le problème de la durée de la vie humaine est bouleversé de fond en comble du fait, il faut bien le dire, des connaissances scientifiques et techniques de l'Occident. La mortalité dans le monde entier s'est trouvée alors réduite dans des proportions considérables grâce à la médecine, aux médicaments, aux vaccinations, à l'hygiène. La population mondiale en conséquence s'est accrue de façon explosive, donc inquiétante, en particulier dans les pays pauvres depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, c'est-à-dire il y a à peine cinq décennies.
Source : INSEE, 1991
| Années | 1500 | 1600 | 1700 | 1750 | 1800 | 1850 | 1900 | 1950 | 1960 | 1970 | 1991 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Europe et URSS | 84 | 111 | 125 | 146 | 195 | 288 | 422 | 572 | 639 | 705 | 794 |
| Amérique du Nord | 3 | 3 | 2 | 3 | 5 | 25 | 90 | 166 | 210 | 275 | 280 |
| Amérique latine | 39 | 10 | 10 | 15 | 9 | 34 | 75 | 165 | 220 | 438 | 451 |
| Océanie | 3 | 3 | 3 | 3 | 2 | 2 | 6 | 13 | 15,8 | 19,4 | 27 |
| Afrique | 87 | 113 | 107 | 104 | 102 | 102 | 138 | 224 | 270 | 344 | 677 |
| Asie | 245 | 338 | 433 | 500 | 631 | 790 | 903 | 1375 | 1645 | 2056 | 3155 |
| Mondiale | 461 | 578 | 680 | 771 | 960 | 1241 | 1654 | 2515 | 3000 | 3632 | 5384 |
Le tableau ci-dessus montre l'évolution de la population par continent de l'an 1500 à 1991.
La population mondiale, au début de notre ère, c'est à dire il y a deux mille ans environ devait être de l'ordre de 250 millions d'habitants, en 1600 elle est estimée à 580, et à 680 en 1700 ; en 1800 elle atteignait presque le milliard d'hommes (960 millions).
C'est alors qu'en Europe, la naissance de la Société Industrielle provoque un premier choc démographique (sauf dans notre pays) et place notre continent en position dominante dans toutes les contrées de notre Terre et l'on voit leurs descendants, peupler par exemple en dépit de la difficulté des transports, la lointaine Amérique du Nord et même l'Australie où les conditions climatiques étaient voisines mais qui étaient encore très peu peuplées.
Plus tard, les chiffres sont mieux connus, ainsi, vers 1930, la population totale atteint 2 milliards et, en 1960, elle approche les trois milliards.
Alors que la population mondiale avait mis presque deux millénaires pour atteindre le milliard d'individus, elle n'a mis que 130 ans entre 1800 et 1930 pour atteindre 2 milliards. Peu de temps après, en 1960 elle atteint 3 milliards, si bien qu'il n'est pas interdit de penser que cette population qui totalise 4 milliards d'individus en 1976 (et qui a donc doublé depuis 1930, soit en 46 ans), 5 milliards en 1987, atteigne 8,6 milliards vers l'an 2025 (projection de l'INED).
Actuellement il faut 15 ou 18 ans pour accroître la population de 1 milliard d'hommes alors qu'en 1800 il fallait un siècle.
Seulement cette fois, ce n'est plus l'Europe qui entraîne l'accroissement des populations, mais le monde sous-développé qui prend le relais et l'explosion démographique de ce dernier est la conséquence des progrès de l'hygiène et des techniques médicales de l'Occident européen et de l'Amérique du Nord.
Malheureusement, la répartition de ce formidable accroissement est tragiquement inégal, puisque c'est justement dans les pays les plus pauvres et les plus déshérités, qui ont déjà bien du mal à nourrir leur population, qu'il se manifeste avec le plus de virulence.
On peut encore observer que c'est dans les pays chauds, qui ont déjà bien du mal à nourrir leur population, que s'est produit un accroissement fantastique de la population, qui n'est pas uniquement dû à une forte diminution de la mortalité mais à un accroissement élevé de la natalité pour de simples raisons biologiques (1).
(1) Dans les climats chauds et humides, la virulence des microbes est à son maximum, si bien que les habitants de ces pays ont dû inconsciemment, au cours des millénaires précédents, procréer beaucoup pour n'avoir que quelques survivants. Comme, de plus, ces habitants pratiquent la sexualité dès douze ou quatorze ans, il n'est pas étonnant que la poussée démographique en soit le résultat, puisque, dans le même temps, l'usage des médicaments mis au point en Occident a réduit la mortalité dans de grandes proportions.
Il est ainsi peu probable que l'Education et l'Instruction et même les moyens contraceptifs, sans même parler de la situation sociale de la femme, puissent réduire le nombre des naissances à une valeur compatible avec l'économie de ces pays.
Il paraît donc de l'intérêt immédiat de ces pays et aussi de tout le genre humain, au delà des habituelles manifestations nationalistes ou racistes, d'essayer de réduire ou de freiner un accroissement démographique démesuré dans des contrées qui ont déjà bien du mal à faire vivre leurs habitants.
Il est alors indispensable de réduire cet afflux, car il va tout submerger particulièrement en Asie, en Amérique du Sud et en Afrique du Nord.
Qu'il s'agisse de la production industrielle, de la production agricole, du logement, de l'instruction, tout sera insuffisant, avec comme inéluctable corollaire : la misère, la famine, et si l'humanité n'est pas sage, la guerre contre ceux qui n'ont pas faim. C'est en effet, seulement le montant total des richesses à partager qui sera de plus en plus, du fait du développement des moyens de communication de masse, l'un des motifs essentiel des affrontements futurs entre les hommes.
C'est ainsi qu'au sujet de la production des richesses, on peut constater aujourd'hui que si l'Asie tout entière renferme approximativement 56 % de la population mondiale, elle ne produit qu'environ 12 % des richesses totales du globe ; pour l'Afrique, ces chiffres sont de 12 % et 3 % ; pour l'Océanie, 0,5 % et 1,5 % ; pour l'Amérique du Sud, 7,8 et 6 % ; pour l'Amérique du Nord, 7 et 45 % et pour l'Europe, 18 et 30 %.
Ces quelques chiffres montrent que les trois quarts de la richesse mondiale sont produits dans les pays développés, particulièrement par ceux d'Amérique du Nord et d'Europe.
Ce sont ces observations qui amènent à comparer les taux de natalité et le pouvoir d'achat dans les pays modernes et développés aux taux correspondants de certains pays en voie de développement.
Le tableau ci-après montre alors la différence exagérée entre le pouvoir d'achat d'un Européen ou d'un Japonais avec celui d'un habitant de la Chine, de l'Inde, du Brésil, de l'Algérie et plus encore avec celui des pays de l'Afrique Centrale comme le Mali ou le Sénégal. D'ailleurs, certains peuples comme les Chinois l'ont fort bien compris ; et malgré un climat favorable et une population laborieuse et industrieuse les autorités chinoises ont pris des mesures autoritaires pour essayer de réduire les naissances, afin de ne pas ralentir le développement économique .
En revanche, dans des pays comme le Brésil, l'Algérie, le Maroc ou les Indes, l'accroissement démographique est tel que les richesses créées ne suffisent même pas pour nourrir la population supplémentaire et ne peuvent, par conséquent, être utilisées pour créer des usines, des moyens de communications, des écoles ou des hôpitaux, si bien que l'accroissement démographique est synonyme de misère, de régression du niveau de vie pour leur population actuelle et d'affrontements éventuels avec d'autres pays, proches ou lointains en raison du racisme qui est très fréquent dans ces populations.
| Pays | Millions d'habitants | Taux de natalité* | P.I.B** hab (1989) dollars |
|---|---|---|---|
| Chine | 1151 | 21 | 1933 |
| Inde | 860 | 33 | 1093 |
| Brésil | 153 | 28 | 4317 |
| Japon | 123,8 | 11 | 2770 |
| Allemagne | 79,51 | 11 | 14838 |
| France | 56,1 | 14 | 14794 |
| Maroc | 25,6 | 34 | 1730 |
| Algérie | 24,9 | 42 | 2964 |
| Egypte | 54,8 | 38 | 2099 |
| Mali | 8,9 | 50 | 621 |
| Sénégal | 7,5 | 46 | 989 |
* Nombre de naissances annuelles pour 1000 habitants
** Pouvoir d'achat par habitant.
Source : INED
Le problème présent de notre monde terrestre repose alors sur une double difficulté :
- d'abord on ne peut sortir du sous-développement sans maîtriser la croissance démographique ;
- ensuite il n'est possible de résoudre le problème démographique qu'avec le développement économique et social, certains pensent même, qu'il n'est possible de réduire la natalité que par l'accession de la population à un style de vie voisin de celui du monde occidental. Mais comme cette accession est à longue échéance, il parait alors indispensable de recourir comme le fait la Chine actuellement à des méthodes plus contraignantes de stricte limitation du nombre d'enfants par couple ce qui suppose malheureusement un Etat fort et autoritaire.
Ces évidentes banalités montrent toutefois les énormes difficultés d'ordre psychologique qu'il faudra vaincre pour réduire la natalité dans les pays en voie de développement, tant que ne seront pas extirpés de la pensée de ces populations à la fois le nationalisme obtus et même l'intérêt du travail des enfant, liés aussi au besoin humain de se perpétuer, sans oublier, dans les pays musulmans, l'influence de l'Islam intégriste et la situation infériorisée de la femme, situation particulièrement incompréhensible pour la civilisation occidentale.
Si l'auteur de ce livre est déjà intimement persuadé de la difficulté de la réduction des naissances même quand la nourriture est insuffisante, il sait aussi que le droit à la procréation est inaliénable et pourtant ! que faire d'autre, sinon produire encore davantage et cesser de diviser le volume de la production grâce à la réduction de la natalité.
La limitation du droit immémorial à la procréation pourrait être le prix que devra payer l'homme de ce siècle, pour assurer la survie de toute notre Terre et de notre civilisation.
Ce droit pour chaque pays serait alors uniquement fonction de ses possibilités économiques et particulièrement de celles relatives à la production agricole.
Comme ce sont les techniques médicales venues de l'Occident qui ont considérablement réduit la mortalité humaine, c'est encore en faisant appel à elles qu'il sera possible de diminuer, artificiellement cette fois, la fécondité dans les zones où cette mesure est une nécessité impérieuse.
Les spécialistes de ces questions délicates pensent justement que ce droit à la procréation et plus exactement à la fertilité, dans ces pays, devrait être inversé, l'infertilité devenant la règle (l'absorption d'un médicament permettrait alors à la femme ou à l'homme de retrouver leur fertilité naturelle). Une possibilité de ce genre, en somme une fertilité volontaire, constituerait une étape décisive dans la prise de conscience d'une nouvelle éthique universelle, puisque la stérilité obligatoire conduirait l'humanité au génocide.
Il ne faudrait cependant pas que les pays affectés par une réduction volontaire de la natalité crient au drame, car ils sont davantage menacés par la famine que par les effets qui pourraient résulter de l'usage de médicaments réduisant sensiblement la fécondité.
L'usage de ces produits dans des pays déjà surpeuplés devrait être organisé sur le plan international, pour qu'ils soient diffusés le plus largement possible, en étant par exemple, distribués gratuitement dans les pays qui ne peuvent déjà parvenir à nourrir leur population, sans faire appel à la charité internationale, et à condition que le nationalisme ou le racisme ne puissent s'opposer à cette diffusion.
L'expérience vécue par les pays développés et leur connaissance de l'histoire les amènent à penser qu'un jour, peut-être, les pays pauvres pourraient se lancer à la conquête du camp de la richesse occidentale, richesse qui a été créée, il ne faut pas l'oublier, grâce à l'effort inlassable de millions de travailleurs et au réemploi systématique des fruits d'un travail organisé. Si cela venait à se produire, il est certain que les excès des grandes invasions de l'Europe, dans les premiers siècles de notre ère, n'auraient été qu'un avant-propos.
D'un autre côté, il faut aussi observer que les esprits occidentaux évolués considèrent généralement aujourd'hui tous les habitants de notre globe comme des égaux, même si la nature elle-même se charge de démontrer que l'inégalité naturelle est la seule réalité.
En effet, sans même parler de la répartition des capacités physiques, et mieux encore des dons intellectuels ou même des connaissances, l'inégalité originelle se répercute à tous les échelons et c'est encore un lieu commun de constater les différences qui existent encore de nos jours non seulement entre les individus, mais aussi entre les différents peuples, et, par là, entre les différents groupements d'individus répartis en Nations.
De plus, on constate aussi que si le climat est tel, qu'il facilite, comme en Europe le courage et l'ardeur au travail, le résultat est un niveau de vie élevé pour la population. Au contraire, si ce climat n'est pas tempéré, il n'est pas favorable au travail, la population entière se contente généralement de subir les faits.
Les esprits exceptionnels ne pouvant que rarement s'affirmer, le cercle infernal se referme pour aboutir à la paresse, génératrice de pauvreté et de misère. Le retard de certaines populations en est la preuve irréfutable. Si de nombreux hommes ont en eux des possibilités de devenir des êtres évolués dans le sens occidental du terme, il n'en est pas moins vrai cependant que celles-ci dépendent surtout du milieu climatique et social qui les étouffe très souvent, par manque de travail rentable .
En ce qui concerne l'augmentation de la population en Europe on sait approximativement que celle-ci comptait, en 1800, 195 millions d'habitants sur une population mondiale voisine de 960, soit 20 %. En 1900, elle en comptait 422 millions sur une population du globe estimée à 1654, soit 25 %. Actuellement l'Europe compte 789 millions d'hommes soit à peine 15% d'une population mondiale qui a dépassé, en 1987, le chiffre de 5 milliards.
Le tableau ci-après rassemble ces données.
| 1750 | 1800 | 1900 | 1960 | mi 1991 | |
|---|---|---|---|---|---|
| Population de l'Europe avec l'URSS | 146 | 195 | 422 | 572 | 794 |
| Population mondiale | 771 | 960 | 1654 | 2515 | 5384 |
| Pourcentage de la population européenne | 18,9 | 20,3 | 25,5 | 22,7 | 14,75 |
Source INED
Ce tableau montre la diminution relative de la population européenne et fait craindre, au citoyen quelconque, que cette faiblesse numérique n'amène de grandes difficultés pour tous les pays de l'Europe, et c'est ce qui provoque probablement le rapprochement en cours de tous les pays de notre Europe, rapprochement qui s'effectue, sans doute par la crainte, sans que les intéressés ne se rendent compte, eux-mêmes, des véritables motifs de ce rapprochement. En effet, l'accroissement en particulier de la population arabe des pays d'Afrique du Nord pose à lui seul des problèmes particulièrement inquiétants en raison de l'émigration en Europe d'une nombreuse population d'origine musulmane et du prosélytisme de la religion islamique pratiquée par ces populations et qui leur donne une bonne homogénéité malgré la diversité des Etats arabes. Ces derniers pourraient suivre des consignes racistes d'extrémistes Islamiques et provoquer par exemple des actes terroristes dans les lieux publics en cas de tension internationale, mettant en jeu des pays arabes ce qui heureusement ne s'est pas passé pendant les événements du golfe Persique.
C'est ce danger éventuel qui ne doit pas être négligé et qui justifie en conséquence l'arrêt de l'immigration en Europe de ces dernières populations.
A cela s'ajoutent les difficultés résultant de la nature intime de l'être humain, quelle que soit d'ailleurs la couleur de sa peau, comme le racisme, le nationalisme ou les désirs de conquête, qui ne sont pas, et loin de là, des spécialités propres à l'Europe, surtout si de tels désirs prennent appui sur une religion conquérante comme l'Islam qui dispose à la fois du nombre et de la richesse fabuleuse provenant du pétrole, avec le pouvoir déstabilisateur et corrupteur de l'argent.
Toutes ces probabilités ne peuvent être acceptables aujourd'hui, aux yeux des citoyens évolués de notre Europe, qu'à la condition expresse d'être tempérées par une éducation qui aurait su créer et développer la tolérance, ce qui manifestement constitue encore un voeu pieux pour le défi soumis à notre continent, en raison de la longue période qui serait nécessaire.
Le problème démographique en Europe, en Amérique du Nord (USA et Canada) n'est pas de la même nature qu'en Afrique ou qu'en Asie, puisqu'on y dispose de ressources alimentaires suffisantes et d'un équipement industriel important.
Il semble alors logique d'affirmer, côté économique, que la population est fonction directe de la surface des terres cultivables dont elle dispose et que la qualité de vie, cette fois, dépend de la simple densité humaine au kilomètre carré, pour que chacun dispose d'un espace suffisant pour pouvoir goûter les plaisirs de la solitude.
Le tableau suivant indique pour l'année 1990 ce que sont, pour notre pays et pour chacun de nos voisins européens, la densité des populations par rapport à leur surface totale et la densité physiologique (c'est-à-dire rapportée à la surface des terres cultivables).
| Pays | Surface totale en milliers de km2 | Population en 1990 Millions d'habitants | Surface des terres arables en millions de km2 | Densité des habitants au km2 | Densité physiologique au km2 de terres arables |
|---|---|---|---|---|---|
| FRANCE | 547 | 56,70 | 215,10 | 101,6 | 261,2 |
| ALLEMAGNE | 357 | 79,50 | 119,0 | 220 | 661 |
| ITALIE | 301 | 57,70 | 158,30 | 190,07 | 363,5 |
| BELGIQUE | 30 | 9,90 | 9,50 | 333 | 1046 |
| LUXEMBOURG | 3 | 0,40 | 0,77 | 133,3 | 493,5 |
| PAYS-BAS | 37 | 15,00 | 10,40 | 355 | 1427,8 |
| ROYAUME UNI et IRLANDE DU NORD | 245 | 57,50 | 73,05 | 230 | 783,7 |
| ESPAGNE | 505 | 39,00 | 205,20 | 77,20 | 190,05 |
Source : INED 90
L'examen de ce tableau montre que l'accroissement de la population dans nos différents Etats de l'Europe occidentale pourrait encore se maintenir, puisqu'ils disposent non seulement du nécessaire mais encore du superflu grâce au travail acharné des multiples générations qui se sont succédées, grâce aussi, il faut bien le dire, au climat tempéré, à la richesse du sol, à l'intelligence des populations et au réemploi systématique des fruits du travail, points sur lesquels l'attention des responsables des jeunes pays devrait sérieusement se pencher, avant de souscrire aux thèmes racistes et nationalistes élémentaires comme ils le font trop souvent.
Cette situation favorable était celle d'hier, car actuellement on constate un dangereux phénomène qui, s'il se poursuivait pendant quelques décennies, deux générations au plus, ferait se poser le problème de la présence même de l'homme de race blanche sur cette terre devant la marée des peuples jeunes d'Asie, d'Afrique ou d'Amérique du Sud, peuples nombreux qui ne manqueraient pas un jour d'aller chercher ailleurs ce qui leur manque avec la facilité et la puissance des transports modernes.
C'est alors que l'on doit observer que depuis la Seconde Guerre mondiale, de nouvelles conceptions de la vie viennent de prendre naissance en Occident, sous l'effet d'une vie facile. Ainsi, sous prétexte de la liberté du couple et de la sacro-sainte liberté individuelle de nos compagnes, et aussi il faut bien le dire, du travail féminin et de la difficulté de l'aide familiale, tous les pays d'Europe et d'Amérique du Nord sont en train de se suicider littéralement et joyeusement, au profit partiel de l'industrie qui fabrique la pilule pour satisfaire un intérêt personnel sans souci de l'intérêt collectif.
Notre Europe humaniste et inventrice de la civilisation technique et du bien-être pour tous, ne tardera pas à être peuplée de vieillards, alors que les jeunes et pauvres nations des autres continents croulent déjà sous le nombre de leurs enfants (1).
(1) Les hauts responsables de tous nos Etats modernes ne devront pas être étonnés si d'ici à quelques années, il leur était reproché le crime de forfaiture, mais comme ils ne seront plus de ce monde, cela leur est bien égal de propager ces idées destructrices de notre civilisation.
Jusqu'en 1975 les statistiques montrent en effet la chute spectaculaire de la natalité dans tous les pays de l'Europe, si bien que le remplacement des populations n'est déjà plus assuré, comme le précise le tableau ci-dessous et la grande cité que constitue l'Europe deviendra sous peu, d'abord un asile de vieillards, et ensuite une proie facile pour de nouvelles grandes invasions (2).
(2) La population ne se reproduit plus dès que le nombre moyen d'enfants par femme est inférieur à 2,1.
| Années | 1950 | 1955 | 1960 | 1965 | 1970 | 1987 | Densité |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| France | 20,50 | 18,50 | 17,90 | 17,70 | 16,70 | 13,6 | 261,2 |
| Allemagne | 16,50 | 16,00 | 17,80 | 17,90 | 13,40 | 11 | 661 |
| Italie | 19,50 | 18,00 | 18,30 | 18,80 | 16,80 | 10 | 363,5 |
| Grande-Bretagne | 15,90 | 15,00 | 17,10 | 18,20 | 16,10 | 13 | 777,5 |
Source : INED
A titre de comparaison les taux de natalité dans les pays pauvres atteignent des taux extravagants compris entre 20 et 50 pour 1000 habitants. (Inde 31 - Brésil 27- Algérie 35 - Mali 51.) En Chine, ce chiffre serait réduit aujourd'hui aux environs de 21 pour 1000, ce qui montre la capacité du gouvernement Chinois à se plier aux nécessités économiques.
Il semble cependant que, très récemment, le phénomène constaté de dénatalité se serait ralenti, voire stoppé en Europe. Ne serait-ce pas alors un changement inconscient de nos pays résultant, d'une part, du déclin relatif de notre continent développé et, d'autre part, de la croissance démographique extravagante des pays sous développés ? car l'Europe sait, pour en avoir fait l'expérience millénaire, que le vide appelle les conquérants et que sa conquête pourrait se faire à notre époque par le biais pacifique d'une immigration non contrôlée en raison des sentiments en général généreux des populations européennes.
Pour remédier durablement à la crise de dénatalité, il faudrait en effet un grand dessein collectif de notre continent pour que les jeunes générations aient, en plus du goût à la vie, celui de la donner.
Avoir des enfants en effet, c'est se projeter sur l'avenir avec la conviction profonde que leur vie vaudra la peine d'être vécue, mais encore faudra-t-il que la tâche de la mère de famille soit facilitée, comme il sera indiqué plus loin, à propos des conditions nouvelles de la vie de la cellule familiale.
Notre pays malgré la fertilité de son sol ne renferme qu'un nombre réduit d'habitants au kilomètre carré de terres arables. Il est en Europe relativement sous-peuplé, mis à part une comparaison avec l'Espagne qui est un pays où la géographie physique est en général peu propice aux cultures. Notre problème, à nous autres Français, est donc de trouver un certain équilibre entre des nécessités démographiques et une certaine conception des relations entre homme et femme.
Sans tendre vers le surpeuplement hollandais, belge, anglais ou allemand et en ne dépassant pas une densité de 350 habitants au km2 de terres arables, on observe déjà que notre territoire pourrait nourrir, sans problème particulier, de 70 à 80 millions d'habitants. Ce chiffre nous amènerait à une densité de 150 au km2, ce qui permettrait à la fois à notre population de ne pas être trop serrée et de poursuivre pendant une longue période une politique d'expansion, indispensable à l'action et au plein emploi, c'est-à-dire au bien-être de toute notre collectivité nationale, sans être pour cela les uns sur les autres, ce qui permettrait de satisfaire à ce que l'on appelle en Occident : la Qualité de Vie.
L'insuffisance actuelle de notre population est donc manifeste, comparativement aux grands pays européens voisins, comme la Grande-Bretagne, l'Allemagne, ou l'Italie ; il nous manque au moins trente millions d'habitants.
On peut d'ailleurs, à juste titre, s'étonner d'une telle insuffisance, puisqu'en 1700 la France aurait compté environ 22 millions d'habitants, ce qui nous faisait le pays le plus peuplé de l'Europe occidentale. Mais dès la seconde moitié du dix-huitième siècle, la fécondité commence à diminuer alors que dans d'autres pays européens ce mouvement ne s'amorce que cent ans plus tard.(C'est dès 1750 que notre pays ne peut plus envoyer ses enfants pour peupler le Canada car il n'en avait déjà plus suffisamment et qu'il a du s'effacer devant l'Angleterre.)
Les causes en sont alors d'ordre psychologique et culturel. Notre pays est en effet au centre de gravité du siècle des lumières, nos philosophes comme Montesquieu, Voltaire et Rousseau marquent les esprits ; la Raison et l'Esprit Scientifique commencent à s'imposer face aux dogmes, aux tabous et aux conventions sociales.
Notre grande Révolution enfin en est la conséquence, elle bouscule l'ordre politique et remet en cause les fondements de la Société. Le mariage, la sexualité, la procréation font partie du débat et comme la France était déjà très peuplée, on a commencé un peu partout dans ce pays, jusque dans les villages, à tromper la nature.
Cependant l'époque de notre supériorité politique s'affirme encore et marque alors le comportement de notre pays, les idéaux de la révolution de 1789 servent de supports à l'expansion française qui s'achève avec l'époque napoléonienne. Si celle-ci marque encore notre prépondérance démographique en Europe, elle marque aussi, à son achèvement, le début de notre déclin.
A cette même époque, l'explosion démographique démarre chez nos voisins. Alors que notre pays vers 1780 comptait près de 25 millions d'habitants, l'Allemagne n'en comptait que 10, l'Angleterre 7, l'Italie 13. Deux siècles plus tard, au lendemain de la Grande Guerre, notre pays approche seulement les 40 millions entourés à ce moment par au moins 60 millions d'Allemands, 50 millions d'Anglais et 45 millions d'Italiens. A partir de 1870 notre pays arrive à peine à assurer le simple remplacement des générations, et, seul l'apport d'éléments européens extérieurs progressivement assimilés lui a permis de survivre.
En émigrant massivement en Amérique du Nord, les Anglais la transforment en une nouvelle nation blanche et supportent difficilement nos compatriotes qui avaient émigré eux aussi au Canada et aux U.S.A.. Si la France avait alors suivi la même voie démographique que nos voisins du Nord, elle aurait atteint probablement une population de cent millions d'habitants qui auraient pu alimenter une émigration décisive en Amérique du Nord.
Mais l'évolution des masses, sous l'influence des nouvelles idées en a décidé autrement et avec le recul on est obligé de constater que ces nouvelles idées dont en général nous sommes fiers, étant donné notre individualisme, sont tout simplement à l'origine de la décadence de notre Etat, depuis cette époque, et il est inutile de souligner les retombées politiques, économiques ou culturelles de la réduction de notre population.
Alors qu'au cours du dix-huitième siècle et du dix-neuvième siècle notre langue était parlée dans toute l'Europe, soit à la cour des rois, soit dans les universités, l'anglo-américain va la remplacer progressivement et la supplanter en profitant par exemple de la terrible saignée occasionnée par la Grande Guerre de 1914-1918 où nous défendions aussi le monde anglo-américain. (1)
(1) Les rapports de langage sont toujours des rapports de force même quand il s'agit de relations amicales.
C'est dès cette époque que notre pays est menacé à la fois dans son intégrité territoriale, dans son industrie, dans son commerce, dans sa force matérielle et même dans son âme, car en perdant progressivement de son importance, son influence mondiale s'étiole peu à peu, au profit de ses voisins Anglais et Germaniques qui n'avaient pas subi cette crise de sous-natalité.
C'est cette forte baisse de la fécondité dans notre pays pendant cette période qui est la véritable cause d'un affaiblissement, qui fut masqué aux yeux de la population par les habituelles luttes politiques stupides de la gauche contre la droite puis de la droite contre la gauche, les changements successifs de régime, les guerres coloniales ou autres, qui ont détourné l'attention des hauts responsables de ce pays des vrais problèmes. (1)
(1) Le désir de ne pas disperser la fortune personnelle a entraîné également les élites de notre pays à réduire le nombre de leurs descendants pour essayer aussi, comme il est humain , de leur conserver leur position dominante.
L'évolution intellectuelle de la fin du dix-huitième siècle a entraîné aussi la modification des mentalités traditionnelles, et le désir généralisé par exemple d'un niveau de vie plus élevé, joint à l'urbanisation, sont certainement les causes essentielles de cet effondrement de la natalité ou l'égoïsme individuel fait dépérir la confiance dans la vie.
Si l'on consulte par exemple les tableaux de recensement de la population française on constate qu'entre les années 1881-1886 l'accroissement de la population pour toute la France fut seulement de 200 habitants !! Il n'y a rien d'étonnant dans ces conditions que l'audience de notre pays ait fortement décliné à partir de cette époque. Il est alors invraisemblable que nos responsables politiques de l'époque, préoccupés comme ils étaient de leurs luttes politiques n'aient pas eu l'attention attirée sur cette situation d'égoïsme, dramatique pour l'avenir de ce pays.
Après la Première Guerre Mondiale, un nouvel effondrement de la natalité (2) se produit et l'ensemble de ces crises de sous-natalité nous amène progressivement à l'effacement complet de notre pays de 1940 à 1945 quand sévit la Seconde Guerre mondiale.
(2) Notre pouvoir politique ne s'est pas préoccupé, suffisamment à temps, pendant cette longue guerre de quatre années, du rapprochement des ménages, de la même façon d'ailleurs que, sous prétexte d'égalité démagogique et par incompétence politique, il a envoyé sur le front ses jeune élites contrairement à notre ennemi de l'époque, l'Allemagne, qui s'en est, avec juste raison, bien gardée.
C'est le manque de jeunes à cette époque tourmentée qui est la véritable raison du désastre de 1940, qu'il serait ridicule de rejeter sur telle ou telle partie de la population.
Cette peur de vivre, de grandir, de créer, virus qui avait gagné toutes les couches de la population et en particulier nos élites, est la cause essentielle de ce désastre. Ainsi s'installe la médiocrité, qu'il s'agisse de salaires, de logements, ou d'insuffisance de l'industrie, médiocrité qui débouche sur de grandes catastrophes. Ce vieillissement est dû encore, probablement, à une mentalité étroite et endormie qui réduit la famille à l'enfant unique à la fois pour faciliter la vie courante et pour ne pas trop diviser l'héritage.
Ce sont ces mentalités qui ont entraîné la stagnation des structures de notre société et qui ont été, à la fois, la cause et la conséquence d'un certain retard économique constaté à l'époque de la Société Industrielle. C'est aussi cette peur de l'action et du nombre qui est une des causes probables du décalage constaté entre l'évolution scientifique et technique et l'évolution de la pensée politique et sociale des citoyens de ce pays.
Après la Seconde Guerre mondiale, un sursaut extraordinaire, probablement d'ordre psychologique, auquel s'est joint l'aide matérielle aux familles nombreuses, avait permis de stopper provisoirement notre habituel affaiblissement démographique (3) (inconsciemment nos compatriotes ont eu probablement peur de voir disparaître leur pays).
(3) Le relèvement de la fécondité est apparu dès 1938 et s'est produit dans tous les pays de peuplement européen sans même d'allocations familiales, c'est par exemple le cas des Etats-Unis d'Amérique.
Or cet effort, par une politique d'aide à la famille dans le domaine des ressources et du logement en particulier, doit non seulement être poursuivi, mais accru vigoureusement. Mais cette aide ne doit pas être génératrice d'absurdités dissimulées sous le masque de l'habituelle égalité démagogique chère à nos représentants politiques. En effet cette aide doit tenir compte à la fois de la structure financière des ménages et de leur mode de vie, afin de prendre en considération l'aide familiale quand père et mère travaillent à l'extérieur, cas de plus en plus fréquent chez nous avec l'instruction de plus en plus poussée de nos compagnes.
Si notre peuple veut donc survivre, dans un monde où qui n'avance pas recule, il faut encore que nos compatriotes modifient leurs attitudes pour que la peur du nombre, c'est-à-dire la phobie de la vie, ne soit plus l'expression de la pensée profonde de ce pays.
Dans l'économie moderne, l'emploi peut être extensif : chaque activité nouvelle en appelle une autre, le chômage dépend souvent du manque de qualification professionnelle, conséquence d'un enseignement inadapté, ou de la mauvaise adaptation professionnelle ou géographique, c'est-à-dire d'une organisation défectueuse de l'activité en particulier industrielle, dont la responsabilité incombe à nos élites et à nos représentants politiques, quelles que soient leurs origines ou leurs tendances, puisque,c'est à eux d'essayer de résoudre à temps ces très difficiles et chers problèmes.
Aujourd'hui, il faut persuader notre Nation que l'accroissement de l'effectif des jeunes générations appelées à augmenter son potentiel économique est une nécessité vitale, que le maintien au travail des générations âgées l'est aussi, car la vie n'est ni la sclérose, ni la conservation de situations acquises, mais l'adaptation permanente aux situations nouvelles.
La vie appelle la vie, l'action appelle l'expansion et notre Nation doit s'adapter si elle veut se perpétuer.
C'est pourquoi le problème démographique est crucial en particulier pour notre pays et il convient de remettre à sa juste valeur la question de l'immigration de populations non européennes dans notre pays.
Dans les conditions présentes, il importe alors d'évoquer deux problèmes qui soulèvent les passions, mais qui probablement vont engager la destinée de ce pays. Il s'agit d'une part du problème de la limitation des naissances et d'autre part du travail féminin.
Comme dans tout le monde développé, l'attention de l'opinion est attirée chez nous depuis quelque temps sur les questions délicates de la prévention des naissances, d'une part, et de l'avortement, d'autre part.
Ces deux questions sont particulièrement sensibles et difficiles à cause des conceptions religieuses ou philosophiques d'une grande partie de notre population et, surtout, des répercussions que peut avoir, dans ce domaine, la politique qui sera suivie par les pouvoirs publics, en raison de l'influence primordiale qu'elle ne manquera pas d'avoir à la fois sur la situation démographique et sur le comportement des populations et, enfin, en raison des problables conséquences économiques des mesures prises.
Actuellement, ce problème est débattu passionnément, mais il faut que nos responsables politiques et économiques essayent d'abord d'harmoniser les intérêts à court terme des individus et ceux à long terme de notre communauté nationale.
On peut déjà remarquer qu'il aurait été plus normal d'améliorer d'abord l'aide à la famille avant de libérer les individus des contraintes de la nature et c'est en ce sens que le crime de forfaiture pourrait être logiquement reproché aux différents protagonistes des lois de ce genre.
La législation qu'il sera nécessaire d'établir devra l'être en dehors d'un contexte politique intransigeant, comme on a trop tendance à le faire chez nous, et qui contribue à faire mal juger nos représentants politiques qu'ils soient de droite ou de gauche, voire à les mépriser et, pour y aboutir, il faudra seulement recourir, par simple bon sens, au juste milieu.
Si l'usage généralisé des techniques contraceptives paraît seulement devoir s'imposer dans les pays qui ont déjà bien du mal à nourrir leurs habitants, en revanche, dans notre pays déjà sous-peuplé, si nous abusons de ces techniques, nous avons toute chance de voir notre taux de natalité baisser rapidement, si bien que le remplacement des générations âgées ne serait plus assuré et notre pays se retrouverait à nouveau sur le chemin d'un déclin qui, cette fois, pourrait être irrémédiable.
On peut encore remarquer que la réduction de la natalité va encore dans le même sens que la société permissive qui pourrait amener, tout simplement, pour tous les pays Européens la ruine de notre mode de vie occidental devant le déferlement par exemple des populations musulmanes où la femme joue seulement le rôle de reproducteur et de plaisir pour l'homme avec les conceptions de l'Islam .
Ainsi la natalité dans notre pays s'est réduite en 1975 d'environ 60 000 unités. En supposant que chacun apporte par son travail une production de dix mille francs à la collectivité nationale, cela correspond à une baisse annuelle de la valeur ajoutée de 600 millions de francs pour ces soixante mille manquants s'ils étaient parvenus à l'âge adulte. Si l'on suppose que leur vie active est de 30 ans, cela correspondrait à une somme de 18 milliards. Cette somme déjà importante est proche du millième de la fortune mobilière et immobilière des ménages estimée chez nous à environ 25.000 milliards en 1987. Ce chiffre est laissé à l'appréciation et à la méditation de nos hauts responsables afin qu'ils constatent par eux-mêmes la nocivité des décisions de ce genre dont ils sont les initiateurs directs.
Pour faire percevoir facilement l'importance du renouvellement des générations à nos compatriotes, si soucieux, par ailleurs de leur niveau de vie et de leur sécurité matérielle, permise par la généralisation des systèmes de Sécurité Sociale, il suffit de leur monter qu'en raison de la nature globale de l'économie, les retraites ne pourront leur être réglées que grâce aux versements effectués par les personnes actives. Et pour que les charges correspondant au paiement des retraites des personnes inactives ne soient pas trop élevées, afin que leur montant puisse être supporté facilement par les générations au travail, il faut, et c'est l'évidence, que la population se renouvelle normalement.
Sans enfant aujourd'hui, il n'y aura pas de retraites décentes demain pour des adultes irresponsables qui auraient favorisé une législation suicidaire, qui amènerait une réduction par trop sensible des naissances, parce que facilitée par des moyens modernes et efficaces de prévention des naissances.
On pourrait alors suggérer à ce sujet que le montant de la retraite soit fonction du nombre d'enfants élevés par le salarié. Ainsi le salarié ayant élevé 2 enfants, toucherait sa retraite au taux plein, celui qui n'en aurait élevé qu'un la verrait minorée de 10 % et celui qui en aurait élevé 3 par exemple la verrait majorée de 10 %, et ainsi de suite comme cela est prévu d'ailleurs dans la fonction publique ou dans certaines Entreprises.
A ce sujet, on peut remarquer que les propagandistes des théories malthusiennes se recrutent souvent chez des personnes dont le revenu est important, et qu'une fois arrivées à l'âge de la retraite celles-ci ont souvent un niveau de vie suffisant, qui leur permettra de ne pas être atteintes par des mesures qui pourraient résulter d'une diminution sensible du nombre des personnes cotisantes, alors que la masse des citoyens, moins fortunée, fera les frais d'une telle politique, vingt ans après.
Dans notre pays, le problème de la limitation des naissances peut se résumer de la façon suivante : Enfants aujourd'hui, Producteurs demain, Prévoyance assurée pour les vieilles générations.
En dehors de ce tryptique, il n'y a rien de valable pour tout ce qui se rapporte à la Prévoyance. Si, ces dernières années, l'effondrement démographique de notre pays a paru être stoppé, il ne faudrait pas que demain il reprenne, peut-être encore plus violemment, car ce serait la fin de notre Etat et de notre manière de vivre
De 1945 à 1970, soit en un quart de siècle, notre population s'est accrue de 10 millions d'habitants en passant de 40 à 50 millions, alors qu'il avait fallu aux générations qui précédaient, l'espace d'un siècle et demi, de 1810 à 1945, pour passer de 30 à 40 millions.
Cet heureux phénomène a entraîné des charges très lourdes pour les générations qui étaient actives il y a quelque temps, car peu nombreuses à l'époque, elles devaient entretenir une population juvénile importante et soutenir déjà une population âgée, de plus en plus nombreuse du fait des progrès médicaux, sans oublier leur faible nombre par suite du déficit des naissances consécutif à la Première Guerre mondiale.
L'entretien des jeunes générations entraîne en effet de lourdes charges de capital (investissements requis par l'instruction, le logement ou la production industrielle) ; quant à la population âgée, elle conduit à des charges de consommation importantes dues aux dépenses de santé et aux retraites et à des montants d'investissement élevés en ce qui concerne les frais occasionnés par l'accueil de ceux qui ont atteint le stade de la retraite et des troisième et quatrième âges.
Si le fardeau financier imposé par l'accroissement du nombre de ces personnes non productives, ajouté aux immenses besoins d'investissements d'un pays qui essaye de s'adapter à la Société Industrielle est alors une cause d'inflation, il est aussi heureusement un certain motif de satisfaction pour les générations qui viennent de parvenir maintenant à l'âge de la retraite, ou du départ vers l'au-delà.
Plus pertinent que le taux de natalité (qui dépend de la structure par âge de la population), le "taux brut de reproduction" (nombre moyen des filles auxquelles 100 femmes donnent naissance) mesure le dynamisme démographique.
On l'indiquera ici pour quelques dates significatives pour notre pays :
| 1806 | 1901 | 1936 | 1946 | 1970 | 1975 | 1978 | 1980 | 1983 |
| 1810 | 1905 | 1938 | 1950 | 1974 | ||||
| 199 | 137 | 102 | 146 | 114 | 94 | 89 | 95 | 87 |
Sans doute la présence de jeunes enfants apporte des restrictions à la liberté du couple et si l'emploi des moyens contraceptifs permet de satisfaire un égoïsme passager, il faut cependant que les hauts responsables de l'Etat soient persuadés que cette absence de prospective collective ne pourra être ultérieurement que la cause de désagréments profonds. Les plus notables seront des charges fiscales plus élevées, des retraites insuffisantes en raison d'un nombre insuffisant de cotisants, sans même parler d'un risque non négligeable de chômage, conséquence de la diminution du nombre de ces excellents consommateurs que sont les enfants, ou même de la réduction inévitable du nombre des personnes intelligentes ou audacieuses qui va de pair avec la diminution de l'importance numérique des générations futures, en raison de la loi des grands nombres.
Pour rester, même dans ce domaine délicat, dans l'optique de la philosophie aux idées ouvertes, humanistes et Efficaces sur laquelle repose cet essai, il faut déjà que la maternité volontaire soit reconnue grâce à l'information et à l'éducation.
Quant à l'interruption médicale de la grossesse elle devra toujours pouvoir s'effectuer, quand elle se révélera nécessaire, dans les meilleures conditions d'hygiène et de sécurité médicale pour la femme.
Dans l'esprit de cet essai, l'avortement ne peut être cependant entièrement libre, sinon ce serait un nouvel esclavage pour la femme de se faire avorter fréquemment. De toutes façons, les motifs d'ordre médical devront toujours être satisfaits et il conviendra, lors de l'examen des cas sociaux (1) par exemple quand le logement ou les ressources sont insuffisants, pour une famille déjà nombreuse, que les pouvoirs publics visent plutôt à accroître leur aide par des allocations supplémentaires ou par des facilités de logement, pour que les familles qui désirent des enfants ne soient pas conduites, en désespoir de cause, à s'en débarrasser.
(1) Quant aux "accidents" et en particulier à ceux qui mettent en jeu des mineurs, ce devrait être à la justice d'enfants d'essayer de résoudre ce problème, en association avec les parents respectifs.
Une juridiction particulière a déjà été créée dans notre pays pour surveiller ce genre d'intervention qui doit être effectuée avec toutes les précautions médicales nécessaires et aussi après examen par cette juridiction des conditions morales, sociales ou économiques susceptibles de rendre inévitable cette intervention. Cette juridiction est bien dans l'esprit de ce livre, c'est-à-dire d'une conception de la vie à la fois humaine et économique.
Ainsi pourront être conciliés quelque peu les libertés personnelles et les impératifs démographiques ou économiques propres à notre pays.
Aujourd'hui, tous ces différents et délicats problèmes sont ceux que la grande Presse appelle la liberté du couple et s'ils relèvent finalement d'un certain égoïsme, ils n'ont malheureusement pas que des conséquences économiques ou sociales collectives car, dans un pays de civilisation chrétienne comme l'est encore le nôtre, on peut s'inquiéter de leurs suites sur le fonctionnement de la cellule familiale dont la stabilité est indispensable au développement et à l'épanouissement physique et moral de l'enfant.
Il ne faut surtout pas oublier, en effet, que le couple constitue avec ses enfants, la seule organisation naturelle existant entre la solitude de l'individu et son assujettissement à la collectivité, et, pour la grande majorité des citoyens, il importe donc de conserver absolument la structure familiale actuelle.
Déjà certains pays s'inquiètent de la prolifération des divorces dont seuls les enfants, et non les parents, font les frais véritables et c'est pourquoi cette cinquième liberté suivant l'expression anglo-saxonne assez amorale, risque tout simplement d'aboutir à la destruction complète de la cellule familiale, qui constitue la base indispensable de la plupart des sociétés occidentales et en particulier de la nôtre.
Si notre collectivité laisse ainsi aller les choses sans essayer d'y remédier sous prétexte de respecter cette cinquième liberté, elle est vouée, à plus ou moins longue échéance, à disparaître. Et l'on peut dire aussi, sans risquer probablement de se tromper, que la tolérance manifestée à cet égard par cette société dite "permissive", va dans un sens de destruction de notre civilisation libérale et humaniste, créatrice de la Société Industrielle qui a rendu plus facile la vie matérielle de chacun.
Cette action va dans le même sens que l'inflation monétaire qui réduit ou annihile le respect et les efforts du travail passé ou que l'action d'une presse dissolvante dont le seul but, soit disant pour respecter la démocratie, est de monter chacun contre son voisin, afin de satisfaire surtout les Volontés de Puissance et de Domination de quelques beaux parleurs.
C'est en raison de ces conséquences dangereuses, et dont certaines sont évidentes, que l'utilisation généralisée des moyens contraceptifs doit être strictement réglementée dans un pays comme le nôtre qui dispose de ressources alimentaires suffisantes et qui de plus est encore sous-peuplé, et si certains responsables, sous prétexte de liberté du couple ou sous l'influence néfaste d'intérêts puissants liés à la commercialisation de ces produits, établissaient une législation par trop libérale dans ce domaine, les habitants de ce pays seraient en droit de leur demander plus tard des comptes, car ces procédés causeraient à notre communauté plus de préjudices qu'un siècle de guerres.
C'est alors aux pouvoirs publics, garants de l'intérêt supérieur de la collectivité, de mettre un frein à de tels débordements qui font des vendeurs de ces produits contraceptifs les fossoyeurs de notre peuple et par là une des meilleures condamnations d'un système capitaliste qui ne se plie pas aux exigences de la vie collective.
Certains pourraient croire qu'il suffirait de persuader chaque couple de ne pas utiliser ces produits en deçà d'un certain nombre d'enfants pour éviter à notre pays un nouvel effondrement des naissances. Mais ce raisonnement, valable peut-être pour quelques uns, est erroné pour la grande masse de la population adulte en raison de la nature personnelle de l'être humain qui prime, le plus souvent, l'intérêt collectif.
Sans enfants aujourd'hui, que resterait-il demain à ce pays déjà sous-peuplé ? Rien, sinon la misère et probablement la fin de son indépendance, c'est-à-dire de sa Dignité.
Le rôle des associations familiales, corps intermédiaires indispensables entre la cellule familiale et la société, doit alors être mis à jour et adapté à l'évolution de la vie en société, dont la famille doit rester un élément essentiel.
Dans ces conditions, les représentants des associations familiales doivent faire partie des organismes régionaux de caractère technique proposés dans la troisième partie de ce livre et participer ainsi, par exemple, à la défense des consommateurs, à la mise à jour, quand ils sont compétents, de l'Education et de l'Instruction et, en général, à tout ce qui se rapporte à la vie familiale dans ses relations avec la vie communautaire.
Dans un ordre d'idées voisin, il faudra encore réduire dans notre pays, surtout pour les familles nombreuses, les mesures de confiscation concernant l'héritage parce que celui-ci est le seul motif Efficace d'action pour des parents soucieux de l'avenir de leurs enfants et parce qu'il est nécessaire à un bon équilibre de la cellule familiale, fondement de notre Société occidentale et des libertés individuelles.
De cette façon, la notion de patrimoine familial pourra se maintenir sans susciter de réaction violente de la part de ceux qui sont moins favorisés et se conserver, à l'instar de la famille qui se prolonge au-delà de l'individu.
D'un autre côté, il faudra convaincre aussi ce peuple individualiste et surtout ses responsables économiques et politiques qu'il ne pourra espérer obtenir encore des conditions de vie meilleures et, ultérieurement, la diminution de la durée du temps de travail, qu'à la condition expresse que le développement économique se poursuive.
C'est à un Syndicalisme salarial rénové et conscient de ses responsabilités écrasantes dans le monde moderne d'œuvrer dans ce sens, car s'il conserve ses méthodes démagogiques habituelles il ne pourra qu'accélérer le fin de notre mode de civilisation, et l'expérience quotidienne de ses fréquentes interventions est bien là pour nous en persuader.
Après l'examen succinct du problème de la limitation des naissances, il faut se pencher maintenant sur le travail féminin puisque que c'est de lui, en définitive, que va dépendre dorénavant l'avenir démographique de notre pays, c'est-à-dire, finalement, sa pérennité, compte tenu des conditions de vie actuelles de nos collaboratrices féminines.
Dans notre pays en l'espace de moins de vingt ans, le rôle de la femme, désormais émancipée, s'est en effet modifié au point de rendre indispensable la recherche d'un nouvel équilibre.
Jusqu'à une époque encore très récente, la femme était confinée, en Europe occidentale, au rôle traditionnel d'épouse, de mère et de ménagère. Dans d'autres régions du globe, en particulier dans les populations arabes qui pratiquent la religion islamique, la femme a un statut civil voisin de celui d'esclave, statut inacceptable aux yeux de notre mode de civilisation.
Depuis quelques décennies en Occident, en raison de son accès de plus en plus généralisé à l'Instruction et à l'Education, la femme a pris une conscience plus grande de sa personnalité propre, de son indépendance et en même temps des problèmes posés par son intégration dans la Société industrielle et technique.
Grâce à l'évolution de la pensée masculine, les droits politiques lui ont été accordés chez nous, dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, mais maintenant elle veut obtenir à juste titre dans tous les domaines, en raison du niveau de plus en plus élevé de son instruction, les mêmes droits que l'homme. Beaucoup travaillent souvent par nécessité et aussi parce qu'elles veulent avoir une occupation correspondant à un développement intellectuel qui les rend souvent égales ou même supérieures aux hommes.
Si l'Occidental a cédé avec bonne grâce à ses revendications politiques, revendications pour le moins légitimes dans notre civilisation, il ne faut pas oublier cependant que la nature a confié à la femme le rôle irremplaçable de mère, rôle qui implique non seulement les soins à donner aux enfants mais aussi, au premier chef, à leur éducation.
Le problème majeur qui se pose donc à notre peuple, toujours en raison de son actuel sous-peuplement, est de savoir comment la femme française peut concilier des fonctions inscrites dans la nature avec celles qui découlent d'une activité professionnelle.
Si notre pays veut accroître encore un peu l'importance numérique de sa population tout en permettant à la femme de remplir une occupation professionnelle, il lui faut prendre un certain nombre de dispositions qui lui permettent d'assurer d'abord la garde des jeunes enfants.
Trois solutions se présentent : l'abandon plus ou moins provisoire de la profession par la mère, la limitation volontaire et étroite des naissances, et enfin l'aide familiale.
Comme l'abandon provisoire de la profession posera le difficile problème du recyclage, c'est le plus souvent la réduction sensible du nombre d'enfants qui sera adoptée si l'aide familiale est insuffisante, sans même parler de la crainte qu'ont souvent les jeunes ménages de ne pas atteindre un niveau de vie important et de ne pouvoir jouir abondamment des fruits de la civilisation de surconsommation (voiture, appareils ménagers, télévision, voyages, sports d'hiver, etc...).
Sans doute les allocations familiales et la possibilité d'obtenir pour les familles nombreuses des logements plus vastes, voire des maisons individuelles permettant aux enfants de donner libre cours à leur énergie sans encourir les reproches des voisins, sont-elles favorables aux familles nombreuses, mais elles ne résolvent pas le problème véritable et crucial qui est celui de l'aide familiale. C'est cette aide en effet qui va conditionner dorénavant, dans notre pays et en Europe, l'accroissement de la famille quand la mère exerce une activité professionnelle.
Comme le nombre de ces femmes va croissant, il importe que notre pouvoir politique, censé représenter seulement l'intérêt supérieur de notre collectivité, qui, dans ce cas, est directement concerné, se préoccupe de ces questions très graves et prenne en conséquence des dispositions qui sont évidentes pour faciliter cette aide.
Par exemple : multiplier les équipements sociaux collectifs permettant d'assurer la garde des jeunes enfants depuis la naissance jusqu'à l'école maternelle, et il semble que cette organisation pourrait dépendre, quand c'est matériellement possible, de l'entreprise où est employée la mère.
Ces crèches collectives, ces garderies d'enfants en bas âge, en allégeant le travail quotidien de la femme qui travaille, permettraient probablement de réduire la fameuse double journée, bien connue de nombreuses jeunes femmes.
Si, dans le même temps, l'Entreprise adoptait en plus, le travail à mi-temps ou celui des horaires sur mesure, le rôle de la mère de famille serait facilité et notre pays pourrait peut-être mieux échapper à une crise de sous-natalité, qui probablement marquerait sa fin si elle venait à se reproduire et à se prolonger.
Certains suggèrent encore, et ils n'ont pas tort, que la collectivité attribue à la mère qui souhaite rester chez elle une allocation suffisante, et une retraite pour celle qui aura élevé trois enfants, sans oublier l'assurance d'un emploi si elle veut reprendre le travail après avoir amené ses enfants à l'âge scolaire.
Certains considèrent aussi ces formules comme des moyens subtils de perpétuer l'esclavage domestique de nos compagnes en les cantonnant dans la vocation maternelle.
La conception humaniste et réaliste de la vie pratique définie ici est d'accord avec des mesures de ce genre puisqu'elles devraient faciliter la survie de notre pays encore sous-peuplé, mais ne l'est pas, en revanche, vis-à-vis de l'avortement à la convenance, ou du remboursement des moyens contraceptifs, ou de l'éducation sexuelle à l'école pour des enfants de quinze ans ou moins et de la tolérance pour la délivrance de la pilule aux jeunes filles de moins de quinze ans qui sont encore dans le domaine de l'enfance.
Avec une organisation déjà moins rigide pour les horaires du travail féminin, nos compagnes pourront non seulement accroître les ressources matérielles de la cellule familiale mais encore et surtout consacrer davantage de temps à leurs occupations familiales et à l'éducation de leurs enfants.
Mais d'autres mesures concernant la fiscalité doivent encore être améliorées, sans doute le quotient familial en usage chez nous était-il favorable aux familles aisées, mais, en contrepartie, l'administration fiscale ne tenait absolument pas compte des lourds frais occasionnés par la garde des enfants quand père et mère travaillaient. Et cette remarque montre alors s'il en était besoin l'égoïsme d'une certaine classe politique quand la jalousie constitue le motif essentiel de l'action et le fondement de la pensée politique.
De même, le principe de la déclaration commune amène à appliquer aux revenus féminins, qui sont la plupart du temps les plus faibles, un taux d'imposition d'autant plus élevé que le premier salaire est important. Il vaudrait donc mieux imposer chaque revenu séparément et déduire, quand père et mère travaillent, les frais de garde des enfants et d'entretien du ménage, ce qui permettra par ailleurs de revaloriser la rétribution du personnel correspondant tout en créant des emplois, ce qui est tout à fait en accord avec la période actuelle de sous-emploi que traverse notre pays.
On a pu aussi observer que si la mère exerce une profession absorbante, elle n'a plus grand temps à consacrer à ses propres enfants, et ceux-ci vont risquer d'en pâtir tout le long de leur vie scolaire (1); il est alors indispensable, avec l'expérience acquise récemment par les familles placées dans cette situation, que notre Etat favorise la création des jardins d'enfants qui facilitent la tâche de ces mères de famille professionnellement très occupées.
(1) Les psychologues constatent un retard scolaire souvent fréquent chez les enfants placés dans cette situation. Ils attribuent ce fait à un manque de contacts affectifs et intellectuels entre deux et cinq ans par suite des occupations professionnelles de la mère. Malheureusement le jardin d'enfants ne remédie que partiellement à cette situation.
Si le travail féminin est encouragé de cette façon par les pouvoirs publics, nos compagnes pourront développer leur personnalité propre et lutter contre la monotonie, l'ennui, l'isolement moral souvent ressenti, quand à leur tour, leurs enfants auront acquis l'âge d'homme.
Il faudra enfin se préoccuper des périodes de vacances, des absences des parents, des maladies infantiles et surtout ne pas oublier les déshérités physiques, handicapés de toute espèce ou orphelins partiels ou totaux.Tous ces problèmes entraîneront forcément des dépenses collectives importantes qui vont appeler de nouvelles obligations pour la société, aussi conviendra-t-il que le Syndicalisme salarial adopte une attitude qui ne vise pas seulement à améliorer le sort de ceux qui ne sont pas défavorisés par la nature.
Les dispositions en usage chez nous pour tous ces cas sociaux particuliers devront sans doute être encore améliorées, mais celles-ci ne pourront l'être, du fait déjà des charges collectives qu'elles entraînent, que si notre communauté est active et que nos élites et notre presse, sous prétexte d'une liberté qui frise l'anarchie, ne nous conduisent pas, comme pour la politique, à brasser du vent.
Le travail féminin conduit aussi très souvent les parents à ne plus assurer eux-mêmes la majeure partie de l'éducation de leurs enfants.
Certains sont privilégiés quand les grands-parents peuvent non seulement les garder, mais aussi les suivre dans leur développement intellectuel. Le mélange des adultes et des générations âgées est bénéfique à la fois pour les grands-parents qui retrouvent un motif d'occupation et pour les adultes soulagés des obligations de garde de leurs enfant. Cette question est traitée dans les chapitres Logement et Urbanisme ainsi que dans celui consacré aux Loisirs.
Ces réflexions amènent à évoquer la situation de la cellule familiale.
Dès leur plus tendre enfance, les enfants prennent conscience de leur personnalité, de leur indépendance et de leurs droits sacro-saints d'individus conscients et organisés. Quand la famille est unie, ce n'est pas un mal, bien au contraire, mais si ce n'est pas le cas, si la famille se brise, c'est le développement moral, et même physique, de l'enfant qui est compromis. La base de nos sociétés occidentales évoluées et humanistes étant la cellule familiale, il importe de faciliter son plein épanouissement et prendre en conséquence des mesures sérieuses pour que sa dislocation soit rendue plus difficile. L'Etat gérant, et garant de notre communauté, doit alors mettre des obstacles efficaces à sa destruction, puisque c'est l'enfant qui en subit les conséquences les plus dramatiques.
C'est pourquoi la législation concernant la protection de l'enfant doit être telle que celui-ci reçoive, dans n'importe quelle situation, au moins le soutien matériel indispensable à son évolution.
Ici encore, le respect des règles anciennes rejoint l'intérêt de la collectivité et c'est pourquoi les obligations légales du père doivent être considérablement renforcées en cas de séparation de la communauté familiale, afin que la mère puisse au moins subvenir normalement aux besoins matériels des enfants.
Si l'aide à la famille est améliorée à la fois côté ressources, côté aide familiale et côté logement, et si les dispositions fiscales suggérées (1), qui relèvent seulement de l'intérêt à long terme de ce pays, sont adoptées, il sera alors possible de remédier à la fois à la crise de natalité et au sous-paiement du travail ménager, car ce dernier est tout aussi indispensable et honorable que n'importe quel travail.
(1) voir : "Problèmes Fiscaux", 5 La compensation des charges familiales
Il est alors certaines mesures à prendre pour assurer le plein épanouissement moral et matériel de la famille.
Celles-ci sont de deux ordres :
- les premières sont relatives au développement psychologique de l'enfant dont le seul milieu favorable est la famille légitime ou éventuellement adoptive ;
- les secondes sont relatives au développement physique qui, lui, dépend des ressources matérielles des tuteurs, parents légaux ou adoptifs.
Pour les premières, on peut observer que le caractère individualiste de notre collectivité, conséquence de son ascendance terrienne et des événements qui l'ont influencé pendant des siècles, est encore renforcé, comme on vient de le voir, par le développement du travail féminin, nécessaire aujourd'hui au développement industriel de notre pays. Ce caractère individualiste est aussi la conséquence sécurisante de la cellule familiale qu'il convient par dessus tout de maintenir puisqu'elle est la clef de voûte de notre mode de vie et de la société occidentale tout entière.
Quant aux secondes mesures, elles devront tendre à une compensation effective des charges que supportent les familles nombreuses, pour que l'accroissement et le rajeunissement de notre population se poursuivent, puisque la densité de notre population est très inférieure à celle de nos voisins immédiats.
Il convient donc que la législation veille à maintenir un rapport équitable entre les ressources des individus chargés ou non de famille.
Pour combler notre sous-peuplement actuel, il est enfin possible de faire appel à l'immigration.
Après la Seconde Guerre mondiale, notre pays et presque toute l'Europe étaient dévastés et à reconstruire ; l'appel à une main d'œuvre étrangère était alors une impérieuse nécessité et comme tous les pays européens étaient dans la même situation, notre pays ne pouvait plus trouver en Europe les bras qui lui faisaient défaut, comme ce fut le cas après le premier conflit mondial, où il avait fait appel, par exemple, à des travailleurs originaires de Pologne ou d'Italie, pays qui n'avaient pas été dévastés et qui souffraient justement à l'époque du manque d'emplois.
Mais après le second conflit, ces possibilités n'existaient plus ni pour nous, ni pour les divers pays d'Europe. Ils ont alors été contraints de recourir à l'appoint d'une main d'œuvre indispensable qu'ils ont recrutée, chacun pour leur part, dans le bassin méditerranéen, main d'œuvre qui a permis d'abord la reconstruction matérielle des cités européennes écrasées par les faits de guerre.
Ensuite, l'évolution intellectuelle et sociale de tous les habitants de ce continent les a conduits aussi à refuser les travaux pénibles, et l'immigration permettait encore de compenser le coût élevé de la main d'œuvre nationale par l'emploi d'hommes habitués chez eux à une vie plus précaire et plus dure. C'est ainsi que l'on a pu dénombrer en Europe jusqu'à 14 millions de travailleurs étrangers en 1975 (1).
(1) Dont près de 3.800.000 en France, 3.600.000 en Allemagne, 2.6000.000 en Angleterre, 800 000 en Hollande et 700.000 en Belgique
Comme il ne pouvait en être autrement dans notre civilisation occidentale, ces travailleurs étrangers ont fait venir leur famille, et leurs enfants arrivés maintenant à l'âge adulte posent le problème de leur insertion dans une société qui leur est malgré tout étrangère.
Comme, de plus, ces travailleurs sont en général des pratiquants assidus d'un Islam qui est une religion souvent intransigeante et différente de celles en usage en Europe, cette caractéristique rend ardue la recherche de solutions humainement acceptables, à la fois pour les populations d'accueil et pour les immigrés en raison de leurs difficultés fréquentes à accepter le mode de vie occidental.
Ces observations montrent l'importance du facteur démographique dans les relations d'Etat à Etat, même encore actuellement, point sur lequel l'attention des hauts responsables de nos pays Européens doit être particulièrement attirée aujourd'hui, car le plus souvent, ils ne considèrent pas comme dangereux pour notre civilisation occidentale, l'apport de populations de race et surtout de religions différentes comme celles en provenance d'Afrique du Nord ou d'Afrique Noire avec l'influence prépondérante de l'Islam.
Alors que les premières vagues d'immigrés étaient peu concernées par l'intégrisme musulman, avec le peuplement d'aujourd'hui, l'influence du pouvoir musulman dans notre Etat laïque et la renaissance du nationalisme Arabe laissent à penser que l'intégration au sens où nos générations l'entendaient il y a une ou deux décennies est maintenant une vue de l'esprit.
Ces deux phénomènes, en raison du nombre très important des immigrés ne peuvent qu'être à l'origine des manifestations de racisme des populations occidentales qui savent apprécier à leur juste valeur les exactions commises par exemple dans les pays du Moyen-Orient contre les ressortissants Européens ou Américains en les laissant des années entières enfermés, enchaînes et privés de liberté.
Quant aux immigrés de la seconde génération qui sont là seulement par fatalité ou par nécessité économique et non pas par amour du pays d'accueil, si bien que beaucoup de leurs coreligionnaires se jugent inassimilables, ils constituent de ce fait un corps étranger (1) qui trouble l'homogénéité de ce pays. Ils risquent de poser un jour prochain de graves problèmes, alors que l'intégration des populations d'origine européenne après la Première Guerre mondiale n'avait pratiquement pas posé de difficultés aux immigrants, et surtout à leurs enfants, qui adoptaient facilement la nationalité et le mode de pensée du pays d'accueil, en particulier chez nous.
(1) Ces populations occidentales n'ignorent ni les guerres civiles du Proche-Orient, ni les prises d'otages, ni les attentats dans les villes ou les avions, ni les appels de hauts responsables religieux à la violence, aux attentats, à la guerre sainte, ni même les assassinats d'enfants chrétiens au Liban, ni le racisme antiblanc des populations arabes qui lui est généralement attaché avec le refus de la civilisation occidentale et qui s'est manifesté visiblement pendant les événements de la guerre du Golfe (c'est tout cet ensemble de réflexions qui laisse rêveur une grande partie de nos compatriotes).
Mais cette fois l'intégration des jeunes issus de l'immigration actuelle pose dés maintenant des difficultés sérieuses en raison des caractéristiques particulières de ces immigrés et du racisme antiblanc sous-jacent qui n'est pas négligeable avec l'influence de l'Islam intégriste et surtout du réveil d'un nationalisme arabe de plus en plus exacerbé contre l'Occident dans lequel l'influence de la religion musulmane est prépondérante avec la propagande des médias d'Afrique du Nord ou d'autres lieux.
Ces immigrants de la seconde génération en effet, en raison de ce nationalisme arabe, ne veulent plus s'intégrer dans la société Occidentale mais au contraire l'absorber par le nombre, et leur comportement fait naître, en retour, des attitudes racistes des po