Présentation du livre
par Jean-Auguste Odiot

Mon livre, publié par les Editions Pierre Bordas en 1992, a souffert de l'absence totale de diffusion de la part de Dilisco, en raison des difficultés rencontrées par l'éditeur et de sa mise en faillite que j'ignorais.

Préfacé par feu Etienne Wolff de l'Académie des Sciences Morales et Politiques, il a reçu en 1994 le prix Lequeux de l'Académie et un prix de l'Institut de France.

Cet essai auquel j'ai consacré beaucoup de temps et confié les réflexions de ma vie d'ingénieur et de citoyen, me tient tant à coeur que je n'accepte pas de le voir dormir empilé, sans lecteurs actuels, car il correspond toujours aux questions d'aujourd'hui et de demain. L'an 2000, c'est demain.

VIVRE EN L'AN 2000 : Réflexion sur la civilisation technique, son harmonisation avec le respect de la personne humaine

Cet ouvrage examine les problèmes essentiels qui se posent dès maintenant à la "Société Industrielle" pour l'an 2000. Problèmes économiques, sans doute, mais aussi problèmes de formation et d'éducation, problèmes de relations entre les hommes qui seront mieux résolus dans un effort de compréhension mutuelle, plutôt que dans l'égoïsme et le ressentiment. En montrant que les diverses solutions applicables à chacun d'eux relèvent le plus souvent du simple bon sens et de la simplicité, l'auteur veut aussi prouver que tous nos compatriotes sont capables de comprendre l'application des diverses techniques.

C'est donc dès aujourd'hui qu'il faut nous préparer à affronter une "Société Industrielle" de plus en plus perfectionnée, de plus en plus complexe, fruit du travail de l'homme depuis l'origine de l'histoire, certes, mais qu'il est urgent d'apprendre à maîtriser afin que le respect le plus élémentaire de la personne humaine soit assuré.

Cet essai passe alors en revue, non seulement la plupart des aspects socio-économiques de notre civilisation en évolution accélérée, mais aussi ceux des pays pauvres, en surpopulation chronique, qui vont poser des difficultés particulièrement rebelles. Celles-ci appellent, dès maintenant, l'intervention de la communauté internationale afin de protéger à la fois la civilisation occidentale et, à terme rapproché, l'équilibre de toute notre Terre.

L'auteur propose alors d'appliquer en toute occasion et dans tous les rapports humains une nouvelle devise :

Dignité, Equité, Urbanité, Efficacité,

dont les quatre termes sont les fondements d'une démocratie qui est seule capable, actuellement, d'ordonner et d'adoucir les rapports humains, d'abord, dans notre pays, puis, très prochainement, dans toute notre chère Europe, et enfin dans le monde entier.

Cette démocratie est aussi le seul régime politique possible, à la fois pour un pays moderne ou pour un pays voulant s'adapter à la modernité. Mais elle exige, et ce point est d'une importance capitale à l'époque de la "Société Industrielle", qu'elle refuse d'abord l'anarchie d'une action syndicale qui peut être démesurée et malsaine en exigeant, dans le même temps, l'honnêteté dans la conduite des affaires de l'Etat qui sont, par ailleurs, les propres affaires des habitants.

Malheureusement, quand les plus hauts responsables de l'Etat ne donnent pas l'exemple et ne possèdent pas, à un niveau suffisamment élevé, le sens de l'Etat et du Bien Public en se laissant parfois entraîner, soit par des "affaires" plutôt irrégulières, soit même par des malversations propres à la nature personnelle de l'homme, il en résulte la réprobation et surtout le mépris de la population pour la classe politique.

Quant au gaspillage des deniers publics, il trouble profondément, sans qu'il y paraisse, le comportement de nos compatriotes et les amène à mépriser un pouvoir qui gérerait de cette façon les affaires de l'Etat, si bien que la politique qui devrait être la science des sciences et l'art des arts, ne peut l'être, puisque l'honnêteté, sous toutes ses formes et à tous les niveaux, n'est pas encore considérée comme un dogme incontournable.

L'anarchie et le laisser faire, au sommet de l'Etat, ne manquent pas alors de descendre à sa base, c'est-à-dire à tous les citoyens, en perturbant profondément leur conduite qui reflétait une morale et une probité qui étaient, encore récemment, les deux caractéristiques essentielles et intimes de ce pays.

Aujourd'hui les hommes avec la "Société Industrielle" doivent se sentir solidaires et tenter d'établir, dès maintenant et pour tous, un mode de vie où les frustrations économiques ne deviendront pas seulement leur préoccupation essentielle.

Jean-Auguste Odiot, 22 juillet 1998

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