Né le 19 janvier 1917 à Betaucourt par Jussey (Haute Saône 70) d'un père ingénieur autodidacte à la SNCF, J. A. Odiot sort en 1938 ingénieur de l'Ecole Nationale des Arts et Métiers de Châlons sur Marne et intègre cette même année l'Ecole Supérieure d'Electricité de Paris.
Après sa première année d'études en 1939, survient la déclaration de guerre avec l'Allemagne nazie, qui amène Jean Odiot à être mobilisé en septembre 1939 et à rejoindre l'Ecole militaire d'Artillerie de Poitiers d'où il sort aspirant en janvier 1940. Il est alors affecté au 106ème régiment d'artillerie à cheval, équipé de canons de 105 mm.
Vint alors le 10 mai 1940 avec le déferlement
des "panzer
divisions" sur la Hollande, la Belgique, le Luxembourg et la France...
et le 106éme régiment d'artillerie passe en Belgique
avec ses canons tirés par des chevaux !
Le 15 mai 1940, c'est une retraite éprouvante qui commence.
L'aspirant Odiot se retrouve, avec une partie de
son unité,
dans la poche de Dunkerque, encerclé par l'armée allemande.
Le 4 juin 1940, il embarque sur un navire
de guerre anglais et débarque à Douvres
quelques heures après. Le surlendemain, il quitte une Angleterre
qui lui paraît, sur le moment, encore un peu insouciante, avec
ces jeunes filles venant chercher des autographes, pour retrouver deux
ou trois jours plus tard, à Brest, une France déjà paniquée
et traumatisée par une affreuse débâcle, en somme,
une France qui se répand à la recherche d'on ne sait quoi,
sur les jolis chemins de nos campagnes, avec des milliers et des
milliers de réfugiés français, hollandais ou belges,
terrorisés
qui fuient, sans savoir où ils vont, ayant été encouragés
dans cette fuite par le gouvernement de l'époque.
Après l'armistice du 22 juin 1940 avec l'Allemagne nazie, l'aspirant Odiot est démobilisé. Il est cité pour sa conduite pendant les opérations à l'ordre du régiment et à celui du corps d'armée. Il revient à Paris où il termine en 1941 sa seconde année d'études à l'Ecole Supérieure d'Electricité et se consacre dorénavant à la recherche d'un emploi.
Il a alors la chance inouïe pour l'époque, grâce à ses connaissances familiales, de se faire embaucher au chemin de fer de "Dakar au Niger" au Sénégal, alors sous administration coloniale française et il quitte légalement la France pour rejoindre son poste à Thiés, au début de 1942 après un stage de quelques mois aux chemins de fer français ce qui lui permet, à la fois d'échapper à l'occupant nazi et aux contraintes de l'occupation militaire, et surtout, à ses yeux, d'être disponible pour une future reprise des hostilités.
C'est ce qui se passe effectivement. Après l'arrivée des Américains en Afrique du Nord, il participe au débarquement du matériel américain d'artillerie de son nouveau régiment à Casablanca puis à la libération de la France pour laquelle il reçoit une nouvelle fois la Croix de guerre, puis la Légion d'honneur.
Il est démobilisé à la fin de l'été 1945 et se fait embaucher à l'Energie Electrique du Rhin, devenue plus tard l'Electricité de France, où il participe à l'aménagement hydro-électrique du Rhin, entre Bâle et Strasbourg, tant du point vue énergétique que moyen de transport par chaland, pour la Suisse.
Par la suite, J. A. Odiot passe dans différents services qui le placent en face des effets négatifs et pervers d'un syndicalisme salarial, par trop politisé et non conscient de ses devoirs et de ses responsabilités économiques, vis -à-vis d'une nation qui, aujourd'hui, doit être toute entière solidaire.
En effet J. A. Odiot est toujours profondément marqué par le parcours anarchique de la défaite de mai et juin 1940 qui a fait disparaître la France de son rôle international , ce qui l'a marqué profondément du point de vue politique car il a subi, personnellement, l'épreuve d'une anarchie démesurée pendant cette guerre et la défaite de 1940 qui a rayé la France de son audit international.
Il termine alors sa carrière à EDF en 1977 à 60 ans. Un passage préalable dans un service fortement syndicalisé l’a incité à mettre noir sur blanc ses idées sur une structure économique adaptée à la “Nouvelle Socièté Industrielle”. Celle-ci en effet devra remédier rapidement aux débordements fréquents où, pour un oui ou pour un non, toute l’activité de notre pays a été paralysée par les grèves des années 1950 à 1980, en déterminant les moyens propres adaptés à l’arrêt de ces débordements déstabilisateurs et particulièrement préjudiciables à notre pays tout entier, en tant que nation solidaire.
Au cours de cette longue période, il avait noté ses réflexions sur de nombreux chapitres de la vie publique et sa mise à la retraite en 1977 lui donna la possibilité de classer et d’ordonner toutes ses réflexions pour en faire le livre : “Vivre en l’An 2000”.
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